[Humeur du jour] Tiens, v’la les beaux jours…
avril 28, 2008 7:04 EssaisOn n’y croyait plus, on en entendait vaguement parler, mais il semblerait bien que le beaux jours pointent leur nez. Et avec eux, les motards occasionnels qui ressortent leur rutilant engin pour aller courir les routes de campagne (ou non). Ce vendredi avait pourtant drôlement commencé. Les vacances de la région parisienne autant que l’heure de rentrer chez soi avaient sûrement engourdi les neurones d’une charmante dame dont l’âge était probablement moins important que la rancœur qu’elle pouvait avoir à l’encontre du code de la route. Plus on vieillit, plus il semblerait que ce dernier devienne absurde, et le raisonnement avec. J’arrivais donc paisiblement à une intersection, fort de ma priorité à droite…
Et toujours prudemment, lorsque nos avis ont divergé. Après avoir ralenti pour m’offrir une visibilité optimale, puis opté pour un engagement en mode tranquille, madame volait ladite priorité, ayant décidé que non, elle avait suffisamment attendu. Evitement de justesse (celui qui vient juste après l’évitement d’urgence dans le code de survie du motard), puis nous nous retrouvons un pu plus loin, presque côte à côte. Afin d’éclaircir les idées de l’indigente et de lui réaffirmer mon grief, déjà manifesté par un petit coup de gaz expressif, mais pas trop (les riverains n’ont pas non plus à subir ma harangue), je relève mon écran de casque. Je n’eus pas le temps de formuler mon mécontentement, que deux motards ayant assisté à la scène prenaient le relais.
J’en vins presque à plaindre la dame, tant ces derniers prirent un malin et justifié plaisir à me défendre… « Ah bah, non, c’est vrai, on ne va pas s’arrêter, c’est tellement sympa d’avoir un motard en décoration sur le capot » « Non, c’est vrai, c’est toujours au plus petit de s’arrêter, facile quand on a une carrosserie« . Je vous en passe et des meilleures. J’allais prendre la défense de ma quasi tortionnaire, lorsque celle-ci trouva une justification de plus douteuses à son acte, prouvant une fois de plus que le motard a toujours tort, de toutes manières :
« Non, mais attendez, quand on ralentit, on cède la priorité«
Que ne faut-il pas entendre… Et ce fut reparti de plus belle de la part de mes avocats d’un soir. Le procès fut vite expédié cependant, et le jugement sans appel, quand on ne sait pas, il vaut mieux se taire… Et Madame (s’il vous plait) s’en retournait toute offusquée de s’être fait agresser par ces maudits motards qui ne comprennent rien de rien, et sont décidément des gens agressifs et méchants, finalement, on fait bien de leur faire la chasse, même que…
Le sourire aux lèvres, je repartais en saluant chaleureusement mes compagnons de fortune et les laissant au prochain carrefour, poursuivre leur réflexion casque ouvert sur les dangers de la route à moto… Tout cela pour vous mettre en garde, il semblerait bien que les neurones soient aussi en vacances, et ce pour longtemps. L’intelligence, c’est un peu comme les clignotants, quand on ne s’en sert pas, ça énerve. Et ce n’est pas fini.
Je retrouvais samedi midi un ami pour aller rouler dans le Perche et profiter du beau temps (à ce propos, vous retrouverez un Road book dans le Perche dans la rubrique Tourisme de MOTO2 217 et prochainement sur le Blog). Routes désertes, plaisir garanti et sécurité assurée. Arrivé à notre point de rdv, il me contait alors sa mésaventure. Il sortait à peine de deux heures passées au commissariat… Alors qu’il prenait un rond-point la veille au soir, une voiture lui jouait un vilain tour en le doublant par l’intérieur avant de se rabattre sur lui et de lui fermer la porte en tirant tout droit pour sortir plus vite encore… Il faut dire que les ronds points fleurissent et que certains et certaines pensent encore que le meilleur moyen de les prendre, c’est au plus court… Le plus efficace peut être, le meilleur, rien n’est moins sûr. Le code de la route est finalement bien vu sur ce point là au moins… Mais passons. Quelque peu échauffé (l’ami et motard est jeune, que voulez-vous, et joueur aussi…), il se porte donc à la hauteur de son agresseur (qui en l’occurrence était une agresseuse), et lui fait part de son mécontentement. Réponse de l’intéressée : regard droit dans les yeux puis serrage en règle contre un rail de sécurité… Finalement, ce genre de témoignage d’affection de la part des automobilistes est plus fréquent qu’on ne le pense… Et un motard mort a toujours tort… Mais voilà, l’ami en question n’aime pas la menace et il répondit à sa manière, en tombant deux rapports et en décrochant (pour sauver sa vie) le pare-choc de la Dame. En l’absence de témoin, l’histoire aurait pu en rester là. Le lendemain matin (comme ce fut rapide !), convocation à la gendarmerie du coin, et explications.
L’ami en question était inquiété pour « destruction de bien privé ». Son interlocuteur, fort peu aimable, mais n’ayant aucun prise sur lui, même après moult intimidations, finit par admettre que ladite Dame était en fait sa femme… Tout s’explique. Je pense que ce fut alors le déclencheur. Mon ami, pourtant peu vindicatif malgré son air rebelle, prit alors quelques tours supplémentaires… « Ah, et bien dans ce cas, permettez que je porte plainte contre madame pou mise en danger de la vie d’autrui… », et de lui expliquer les fait incontestables… Et pour cause, il y avait eu de son côté des témoins, dont sa passagère…
Il est fou de voir combien le droit revient vite à sa place, même pour qui tente d’en abuser… Et pourtant, qu’il est dur de l’avoir de son côté quand on en abuse. Moralité ? Quitte à vouloir rouler, autant bien le faire, on finira bien par avoir raison, mais :
a) il faut toujours un témoin sinon, c’est le motard qui a tort,
b) le motard a toujours tort, mais certaines fois, certains l’ont encore d’avantage,
c) à couillon, couillon et demi…
Et s’il persiste un souci, souvenez-vous que dans MOTO2, « On vous aide » et que la rubrique juridique sauve bien des situations désespérées, Remy Josseaume y veille !
Et je ne parle pas de dimanche, qui fut un florilège… Avec les beaux jours viennent l’insouciance, les envies de rouler et les habitudes perdues. Les pneus accrochent, mais il est une chose qui ne change pas : le comportement des autres. Pourquoi ne pas consulter les « Conseils de conduite » de MOTO2 ? Dans MOTO2 217, vous retrouverez la deuxième partie de « Rouler en groupe« . Tout pour prendre un minimum de risques et un maximum de plaisir.
A bientôt sur les routes ou dans nos pages, et soyez prudents !
P.S : finalement, ce lundi matin pluvieux (sur la région parisienne du moins) donne un répis supplémentaire… Les beaux jours attendront… Encore un peu et avec eux nos espoirs de rouler tranquilles.
