[Edito] MOTO2 220 – Le bon esprit motard n’est pas mort, merci encore !
août 30, 2008 8:46 EditoTRANCHE DE VIE
On a beau dire que tout fout le camp, l’esprit motard tient bon et c’est en cas d’avarie qu’on le constate. Le coup de main n’est jamais bien loin, comme le prouve cet edito signé Eric Maurice et motivé par un incident survenu juste avant notre départ pour le comparatif entre CB1000R, Z1000 et FZ1 paru dans MOTO2 220 de septembre 2008. Vous allez le voir, le numéro 220 sent bon le vécu et la moto, nous avons roulé dur et longtemps pour vous offrir le meilleur de la moto…
Mardi matin, 8 h. Faut pas que je traîne, j’ai rendez-vous avec Benoît, Julien et Maël à 9 heures pour partir en essai. La circulation est dense, comme ils disent à FIP. Soudain, au passage sur des bandes pointillées, je sens l’arrière de ma moto bouger plus que de raison, comme si le pneu était usé au carré. Ou dégonflé !!!
Etant donné que la moto est neuve et sort du parc presse Honda, c’est bien sûr la seconde hypothèse qui est la bonne. Effectivement, un petit kilomètre plus tard, je dois composer avec un arrière ondulant qui ne laisse pas de place au doute. J’ai crevé. Je poursuis ma route jusqu’à ce que le trafic sur le périphérique parisien ne devienne trop confus et m’oblige à baisser ma vitesse. Jusqu’à 80 à l’heure, un gros radial moderne permet de rouler. En-dessous, la moto fait des écarts difficilement contrôlables. Je quitte le périph’ à la porte de Vincennes, parviens jusqu’au grand carrefour qui marque l’entrée dans Paris et me gare sur le trottoir. Je me suis mis à l’écart, à une bonne dizaine de mètres de la chaussée.
Appel aux collègues qui doivent déjà m’attendre. Je leur demande de me rejoindre avec un kit réparation tubeless et une bombe anti crevaison. Je n’ai plus qu’à les attendre. Une petite demi-heure à patienter. A peine ai-je coupé la communication, qu’une Varadero 125 s’approche de moi. Réconfortant, son pilote me dit qu’il a toujours une bombe dans son top case. Je n’ai pas le temps de lui répondre qu’il est déjà en train d’ouvrir sa mallette, prêt à passer à l’action. Pas une allusion pour savoir si j’étais disposé à le rembourser, rien.
Je le remercie et lui dis que des copains ne vont pas tarder à arriver avec tout ce qu’il faut. Deux minutes plus tard, c’est une vieille XV 5.35 Yam, avec au guidon un quinqua plutôt baba cool. Lui aussi est prêt à me donner sa bombe. Deux mots de causette et il reprend sa route. Arrive ensuite un type en Piaggio X8 qui a sur lui le téléphone d’un dépanneur moto, puis ce sera un gars en costard gris et cravate sur un Scarabeo 125, un stunter en Bandit qui m’indique la présence d’une concession moto 100 mètres plus loin. Et pour finir un jeune en scoot qui me dit bosser 100 mètres plus loin dans un atelier équipé pour réparer les crevaisons. Merci, je suis déjà au courant, mais c’est sympa quand même… Je n’en reviens pas d’autant d’attention.
Je suis à 10 bons mètres de la route, je n’ai pas fait le moindre signe, ni même sorti le regard implorant du motard en détresse et en moins d’un quart d’heure on est venu me proposer assistance à sept reprises.
Une sollicitude qui efface la contrariété de la crevaison. J’oublie la perte de temps, le démarrage perturbé de notre comparo, trop heureux de constater qu’à une époque qui prône l’individualisme comme seule façon de survivre dans la jungle urbaine, il subsistait chez les utilisateurs de deux roues à moteur un sens de la solidarité et un peu de temps à accorder aux autres. C’est plutôt réconfortant. L’autre conclusion que je tire de cet épisode, c’est que les vieilles motos s’arrêtent plus facilement que les récentes et que les 125 et les scooters remportent haut la main le test du bon Samaritain. Ce qui renforce ma conviction qu’eux aussi ont l’esprit motard et méritent le petit signe de la main que je ne manque pas de leur faire lorsque j’en dépasse un.
Eric Maurice
Rendez-vous en kiosque le 25 septembre pour de nouvelles aventure papier (MOTO2 221)

