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MOBILISATION AUTOUR D’UN PROJET

Gima moto - AuvergneLes motards sont par définition solidaires. Alors, quand un superbe projet (celui de faire revivre un pan d’artisanat, de savoir faire et de légende nommé GIMA), est menacé par la crise d’une part, mais surtout par l’administration, on agit. C’est le Voxan Club de France qui monte à la barre pour défendre cette aventure humaine et motarde. Le principe ? Une pétition avec signature en ligne, qui sera envoyée au Tribunal de Commerce de Clermont Ferrand, au Ministère de l’industrie et à René Ricol, le médiateur nommé par Nicolas Sarkozy. Ceci afin de défendre les emplois, et permettre à la société de mener à bien un projet de longue haleine. Pour mémoire, nous publions ci après l’essai de la Gima 125, paru dans Moto2 200. Pour les informations fraiches, deux adresses : http://www.soutien-gima.voxan.org/spip.php?article1 et http://www.vadimof.fr/nouvelles/index.html#vadimof61, deux références en terme de crédibilité et de mobilisation. La  cause est loin d’être perdue, ce sauvetage nous appartient à tous, le tout, c’est de vouloir, et d’essayer.Essai Gima 125 - OuverturePassionné, Hilario Gonzalez a décidé de lancer la re-fabrication d’une petite 125 des années cinquante, la Gima.Résultat, une trés jolie 125 qui se déguste au rythme de son mono 4 temps et vous fait redécouvrir un plaisir de rouler aujourd’hui inconnu dans cette cylindrée… et dans d’autres !

Logo GIMA Jeu des 7 erreurs : l’un de ces logos est l’original d’époque, embouti, l’autre est l’actuel, taillé dans la masse…
Gima 125 - petite merveille moderneSi le 125 semble un peu au large dans le cadre de la GIMA, c’est aussi parce qu’elle sera déclinée, comme au bon vieux temps, dans une version 175. Mais ce cadre surdimensionné traduit aussi le souci de qualité de son créateur, Paul Josué, et de GB Meca aujourd’hui.
À l’époque où elle était produite, au début des années 50, la Gima bénéficiait déjà d’une construction de grande qualité.Paul Josué, dessinateur du cadre, a été le premier français à adopter la fourche télescopique. Les frères Chartoire, passionnés d’aéronautique et usineurs de profession, travaillèrent sur le moteur AMC (Ateliers Mécaniques du Centre) dès la fin des années ‘30.La conception du moteur “sent” l’aéronautique, avec ce souci constant de qualité qui se retrouve dans l’usinage des pièces et la précision de l’assemblage, bien au-dessus des standards de l’époque.La Gima a d’ailleurs brillamment démontré sa fiabilité en gagnant sa catégorie au Bol d’Or 1949. Plus qu’une héritière, la Gima 125 est une véritable refabrication, qui ne fait qu’améliorer certains points de détail et rendre la moto conforme aux normes actuelles. GB Meca, l’entreprise de mécanique généraleque dirige Gonzalez, n’utilisera aucune pièce “ancienne” qui pourrait grever le patrimoine des collectionneurs. Tout est refabriqué, et lesdits collectionneurs trouveront auprès d’Hilario Gonzalez un passionné à même de leur refaire (en mieux) n’importe quelle pièce cassée devenue introuvable… Le plus incroyable, c’est que la Gima sortie de Peschadoires ressemble comme une goutte d’eau à l’ancienne. En fait, c’est comme pour un yaourt célèbre : ce qui est fait à l’intérieur se voit à l’extérieur. L’esprit, lui, est là et bien là.UN PLAISIRRETROUVELe premier moment d’émotion, passé l’accueil très chaleureux des gens de GB Meca, c’est la découverte de la moto. On fait d’un seul coup un retour en arrière de 50 ans, tant le souci de préserver l’originale a été respecté jusque dans les moindres détails. Les intégristes tiqueront sur les commodos ou les rétros taiwanais, mais la Gima se fait fort de circuler sur les routes comme n’importe quelle 125, pas de servir de décoration au milieu d’une pièce. Au reste, toutes les modifications effectuées ne concernent que des pièces à la fois plus rationnelles et bénéficiant de la qualité supérieure des machines-outils actuelles. On se prend à détailler la petite Gima sous toutes les coutures comme on le ferait en découvrant l’“ancienne” lors d’un rassemblement. Rapidement, on n’a qu’une hâte : faire craquer le petit mono, l’enfourcher, et aller sillonner les départementales des environs de Thiers. Tiens, si on allait voir le château de Ravel, cadre d’une autre copie (moins authentique que la moto, loin s’en faut), le film “Les Choristes”.UNE ANCIENNEBIEN AGRÉABLELégère comme une plume (113 kg à sec), campée sur des pneus fins comme ceux d’une 49,9 cm3, la Gima se pousse sans qu’on y pense. Le rayon de braquage lui fait presque faire demi-tour sur un trottoir. Debout à gauche de la moto, un quart de tour au kick, le mono s’ébroue avec facilité et entrain au coup de jarret.La vibration du 125 rythme une sonorité aujourd’hui disparue en même temps que s’allume le code, comme il se doit de nos jours. En selle, qu’on a plaisir à découvrir largeet bien suspendue, on tire sur l’embrayage un poil ferme du proto de présérie (ça ira mieux plus tard, assure Hilario), un coup de talon sur le sélecteur double branche qu’on actionne du pied droit : la Gima conserve le frein arrière à gauche et la boîte inversée “1ère en haut” à droite.Pour les premiers tours de roue, on se contente d’allers-retours dans l’impasse de la zone d’activités, histoire de se familiariser avec la moto et les commandes inversées,toujours troublantes quand on descend de 500 km en japonaise actuelle…
Gima moo 125 - trois quart arrièreSi la moto que nous avons essayée est en version solo, toutes les Gima serontfournies avec la selle passager et de jolies et bien pratiques sacoches cuir.
On s’y fait assez vite, doncdirection Ravel via les départementales viroleuses. Hilario ne cesse de répéter “tu ne tires pas assez tes rapports”. Forcément, en roulant sur une ancienne, on a plutôt tendance à enrouler. Bon, qu’à cela ne tienne, puisqu’il le dit, gaz ! Bien entendu, la Gima ne délivre pas une poussée de dragster, mais elle s’élance avec bonne volonté. On tire bien la 1ère, 2ème, 3ème, 4ème, la petite 125 file vers 80-90 avec la lourde charge de mes 90 kg (à sec). L’intéressant de l’histoire, c’est le plaisir qu’on prend à balancer sans arrière-pensée d’un virage à l’autre en fredonnant une chansonnette. Bien appuyée sur ses petits pneus, la Gima est relativement bien suspendue pour l’époque. Et ce que les suspensions peinent à amortir, la selle le complète, pour rouler au final dans un confort tout à fait acceptable. De quoi se dire qu’il ne doit pas être impossible d’aller au boulot dans Paris à son guidon ! Un détail pourrait cependant faire hésiter : le freinage, confié comme jadis à des tambours de 170 mm. Si l’arrière est assez puissant, l’avant de la moto de présérie pêche par son manque de puissance, même pour un tambour.Comme les freinages successifs ne sont pas leur point fort, inutile de dire que dans les conditions modernes de la circulation citadine, mieux vaut faire la part belle à l’anticipation. Qu’importe, le nez au vent à une vitesse stabilisée aux alentours de 80 km/h, on prend un plaisir fou à rouler sur les petites routes auvergnates. Paris est bien loin, ses bouchons aussi, et c’est très bien comme ça. Quelques détails d’ordre économique : la belle coûte 4 186 €, consomme entre 2,5 et 3 l/100 km. Pas de quoi ruiner le chaland, moins en tout cas que pour rouler sur une restauration de japonaise ou une néo rétro… L’une serait moins fiable parce que faisant appel à des pièces réellement anciennes ou refabriquées à faible coût, l’autre n’aurait pas son authenticité. Chacun son truc ! UNE AFFAIRE QUI ROULELe pari fou d’Hilario n’est pas loin d’être gagné. Sa Gima roule et elle donne bien du plaisir. Au rythme de 200 motos produites annuellement, la petite firme auvergnate pourrait bien gagner son défi presque insensé. Le souci d’authenticité mâtiné de qualité d’Hilario et de ses collaborateurs est en toutcas une garantie pour tous ses acquéreurs : rien n’est bradé, ni la main d’oeuvre, ni les pièces, ni le futur assemblage. Tout est réalisé dans le respect de la moto telle que dessinée par Paul Josué autour du moteur des Chartoire. Il se murmure d’ailleurs que l’enthousiasme d’Hilario Gonzalez est parvenu à donner une deuxième jeunesse au dessinateur du cadre original, et que ce dernier, à 93 ans, ne demanderait qu’à avoir un bureau chez GB Meca. Histoire de redessiner le cadre des futures Gima ? À suivre…

MOTO GIMA 125 – GALERIE PHOTO

PORTRAIT D’UN PASSIONNE

Hilario Gonzalez est un ancien employé d’AMC, où il a connu les frères Chartoire. Quand il fonde GB Meca en 1991, AMC est tout naturellement son premier client.De fil en aiguille, il élargit sa palette de clientèle, fournissant entre autres les industriels de la biscuiterie, l’Aérospatiale, Eurocopter, en pièces de haute qualité, que seules des entreprises capables d’un excellent savoir-faire dans le domaine de l’usinage sont à même de réaliser. Las, la mondialisation fait son oeuvre, et quelques-uns de ses gros clients partent, comme beaucoup, bénéficier des tarifs plus avantageux de la main d’oeuvre de pays peu regardants. En gros,pour GB Meca, soit c’était la fermeture pour suivre les clients vers les pays à faible coût de MO, soit c’était l’idée nouvelle. Passionné de motos anciennes, spécialiste de mécanique générale, l’idée est venue à Hilario de refaire la Gima après en avoir acheté une pour son fils… Ce fils d’immigrés espagnols qui a grandi en France veut faire “propre”. Non seulement dans les règles de l’art de la mécanique générale, mais aussi dans le respect de l’emploi. Etre obligé de se fournir à Taiwan pour des rétros le désole, car il ne peut pas faire travailler de français…Passionné, il l’est Hilario, fou, certainement un peu aussi, volontaire et obstiné mais c’est un homme droit comme un I, qui est révolté par les injustices sous toutes leurs formes. Il est allé demander à Paul Josué, le créateur du cadre,l’autorisation de ressortir sa moto, comme il a demandé à Gilbert, le fils et héritier de Louis Chartoire, le droit de refabriquer le moteur. Il faut savoir aussi que le projet a connu de nombreuses difficultés et qu’il a fallu une bonne dose de persévérance, mais aussi de chance, pour que la moto puisse voir le jour.En passant par la très difficile phase de l’homologation, faite au Luxembourg eten Italie comme le permet la fabrication de moins de 200 exemplaires par an.Toute cette volonté, cette opiniâtreté, ce souci de qualité tant dans la technique que dans les relations humaines, tout ça se retrouve dans la Gima. Détail qui endit long, Hilario est du genre à remercier sans cesse ceux qui l’aident en communiquant autour de la Gima. Nous, à Moto 2, c’est lui qu’on remercie tant sa passion et son enthousiasme sont contagieux. Bâtie sur ces valeurs, n’en doutez pas, la Gima roulera longtemps, longtemps, longtemps…

6 commentaires

  1. Leblond a écrit:

    C’est avec ,à la fois, beaucoup d’humilité et beaucoup de fierté que je viens d’apporter mon « petit » soutient à ce courageux Hilario.
    Je souhaite vivement que son entreprise devienne pérenne bientôt.
    J’ai aujourd’hui une idée derrière la tête, mais je ne veux pas mettre de charrue avant les boeufs.

  2. JEU a écrit:

    Amis des départementale.

    J’ai craquer moi aussi pour la jeune fille, et j’ai même fait mon chèque de réservation, dans 6 mois elle sera mienne, et en plus je guette la 175cm3 pour reluquer dessus bien sur.

    Quand on apprécie les belles chose alors on aime la GIMA.

    La japonaise est bien, la française est mieux.

    Pour l’anecdote j’ai une PGO comme auto,J’affiche le fait de rouler originale, et français, un luxe par les temps qui court.
    C’est peut être une question de prix: c’est vrai, mais surtout de gout.

    Tellement plus facile d’acheter une chinoise.

    Bonne route.

    PJ

  3. Lehuédé Michel a écrit:

    C’est vrai que l’aventure semblait belle. Mais plus de 3 ans après avoir passé la commande et la moitié de la somme versée pour acquérir la GIMA, c’est quand même le désillusion et une perte financière un peu dure à digérer pour moi qui ai fait confiance jusqu’au bout à M Gonzales.

  4. laurent a écrit:

    c’est donc terminé ?

    pas moyen de savoir précisement si c’est fini ou non cette belle histoire …

  5. Serge a écrit:

    Quelqu’un pourrait-il confirmer la fin ou la reprise de cette moto ? J’avoue qu’elle pourrait m’intéresser.

  6. Le Pigeon a écrit:

    Bien sur que c’est fini est bien fini, ce brave monsieur à berné tous le monde avec ses grand rêves et c’est petit moyen.
    beaucoup ne revéront jamais les accomptre de 2000 euros versés a la commande. BREF Du vent PFFF….
    Jamais une explication et encore moins des excuses, Jamais une moto n’a vue un proprio, seul les proto était toujours présenté, et je dit proto quand rien ne srot en distribution.
    Bref ça se termine avec des dettes , des licenciement et des clients pigeons.
    Mr GONZALES vous nous avez autant fait rèver que vous nous avez décus.
    Je ne vous salut pas.
    Signé:
    Le Pigeon parmis tant d’autres.

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