[Edito] Moto2 229 – Besoin d’air

1:07 Edito

Besoin d’air

Paris est devenue une ville infernale pour les deux roues à moteur. Les parisiens vous répondront que c’est de la faute aux motos et aux scooters qui, à force de se croire au-dessus du code de la route comme des plus élémentaires règles de bonne conduite à l’égard des autres, se voient progressivement interdits de séjour à l’intérieur de la capitale. C’est pas totalement faux ! Toujours est-il qu’entrer dans Paris aujourd’hui est devenu un véritable parcours du combattant. Un exercice pénible, mais surtout très périlleux.Rouler en ville n’est jamais facile, mais il y a une logique à la circulation. De la manière dont l’aménagement de la voirie parisienne a progressivement évolué, cette logique a totalement disparu. Ou plus exactement, il n’existe plus qu’une logique, identique pour tout le monde, celle du véhicule prisonnier des embouteillages.
Le rétrécissement des chaussées par l’élargissement des voies de bus, parfois aggravé par la construction d’une banquette de 70 mm de large, sorte de trottoir bas, imprévisible quand on suit une file de voitures, mais suffisamment haut pour vous foutre par terre si votre roue avant ripe dessus, a mis les motos au même rang que les autos, celui d’engins stupides condamnés à brûler du carburant pour rien. Seule issue pour échapper à cet univers abruti et déprimant, désobéir et prendre des risques. Le plus courant et le plus dangereux consistant à aller au-delà de la séparation entre les voies pour affronter le flot qui vient à contre sens. Suicidaire, mais c’est ça ou mourir asphyxié ! Et si par bonheur vous parvenez à destination, ne pas se croire à l’abri des tracas, tant la verbalisation pour stationnement sur les trottoirs s’est généralisée. Que votre moto gêne ou pas le passage des piétons.Paris n’aime pas la moto et ne veut plus de motards chez elle. A l’opposé de cette hostilité affichée, il y a des régions en France qui multiplient les efforts pour attirer les motards. Des initiatives souvent officielles menées par les offices de tourisme qui vantent la beauté des sites, la qualité de l’accueil et du réseau routier. L’idée étant d’attirer du monde dans des coins souvent à l’écart des grands axes. Quand l’automobiliste file le plus directement possible vers sa destination, évite les routes qui tournent et font vomir les enfants ou vous obligent à suivre camping-cars et caravanes s’époumonant dans les montées de col, le motard aime partir à la découverte et mettre ses roues là où personne n’ose aller. Outil de liberté pourchassé à Paris, la moto est chez elle dans les coins reculés de France. Nous l’avons vécu l’an dernier pendant trois journées mémorables en Auvergne, cette fois c’est le Comité Départemental du Tourisme de l’Isère qui nous a invités à plonger au cœur du Vercors.L’occasion de passer deux grandes journées de moto sur des routes magnifiques et de lier connaissance avec Georges et Anne Marie, les patrons du Jorjane où l’on est impatient de retourner. Profitez des beaux jours, des vacances pour ceux qui en ont pour aller vers la France qui vous veut du bien. C’est souvent là qu’elle est la plus belle, ce qui ne gâche rien. Bonnes vacances, on se retrouve en septembre. Eric Maurice

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