[Edito] Moto2 230 – Plaisir au rabais
août 30, 2009
10:12
Ben
Edito
LA BELLE AFFAIRE…
La moto n’a pas échappé à la crise et risque d’en souffrir encore un bon bout de temps. Avec des conséquences multiples. En cette période de rentrée où traditionnellement les constructeurs dévoilent leurs premières nouveautés, on pense bien sûr à l’annulation du salon de Paris annoncée au printemps.
Plus récemment, on a appris la décision de Honda de renoncer au salon de Milan. Devenue l’unique occasion… (lire la suite)
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La moto n’a pas échappé à la crise et risque d’en souffrir encore un bon bout de temps. Avec des conséquences multiples. En cette période de rentrée où traditionnellement les constructeurs dévoilent leurs premières nouveautés, on pense bien sûr à l’annulation du salon de Paris annoncée au printemps.
Plus récemment, on a appris la décision de Honda de renoncer au salon de Milan. Devenue l’unique occasion pour les constructeurs de montrer au monde entier leurs nouveautés dans un contexte entièrement dédié à cette fonction, Milan se fera sans le premier constructeur mondial de deux roues motorisés. Incroyable !
Inimaginable ! Et pourtant c’est ainsi. La crise, ce sont des constructeurs obligés de rabioter leurs budgets pour s’adapter à un marché qui souffre, des concessionnaires en difficulté. Parce qu’elle représente un secteur d’activité primordial en France, l’automobile a réussi à obtenir de l’état des mesures de soutien dans l’espoir de maintenir les ventes à un niveau acceptable. Les primes à la casse ont ainsi dirigé vers la broyeuse des voitures qui auraient pu rouler encore des années, stimulant une logique du gaspillage que par ailleurs toutes les élites bien pensantes ne cessent de fustiger. On n’est pas à une contradiction près…
Des mesures semblables ont été consenties à la moto en Italie et, plus récemment, en Espagne pour essayer d’enrayer une chute des ventes abyssale. Pas chez nous, ce dont assez égoïstement on se félicite, l’idée de voir partir au pilon des motos en état de marche n’étant pas notre culture. En France, ce sont les constructeurs et importateurs qui ont pris à leur charge les mesures de soutien de l’activité. On a donc vu se généraliser très tôt dans l’année des prix cassés sur de nombreux modèles, dans toutes les gammes, chez toutes les marques. Une pratique assez habituelle, mais qui s’est systématisée et étendue à des familles de motos très en vogue, comme les roadsters de moyenne cylindrée. Dès le début du printemps, certains modèles récents ont fait l’objet de promos alors qu’ils pouvaient compter sur une demande forte. Avantage immédiat, il y a de bonnes affaires à faire. Effets pervers, cette pratique entraîne son lot de mécontents, |
ceux qui ont acheté au prix fort et se retrouvent avec un objet brutalement dévalué.
Plus pernicieux encore, à force de jongler avec les baisses de tarif, la notion de prix devient complètement floue et donner une valeur aux choses relève plus de la pifométrie que de la logique. Cette valse permanente des étiquettes obéit bien sûr à des contraintes économiques, surtout en cette période difficile, mais associée au renouvellement accéléré et systématique des modèles, comme c’est le cas des hypersportives, elle tend à ramener la moto au rang de vulgaire objet jetable.
Un machin dont on se débarrasse dès qu’on s’en est lassé. De là à l’envoyer à la casse, ma foi, pourquoi pas ? Une situation malsaine qui rapproche la moto de l’informatique, de la photo numérique ou de la téléphonie mobile, secteurs où la succession des évolutions, savamment programmées, accélère l’obsolescence du matériel existant et fait de ce négoce l’affaire des grandes surfaces, des grands réseaux de distribution multidisciplinaires ou encore d’internet. Une logique qui nous éloigne de la convivialité souhaitée par ceux qui aiment la moto, et qui, de surcroît, s’accompagne souvent d’un sérieux déficit de compétence de la part des vendeurs et d’efficacité du côté de l’après-vente. Exactement le piège dans lequel on doit éviter de tomber.
La moto doit provoquer les contacts, générer l’envie de se retrouver dans des lieux conçus pour elle, à l’occasion d’événements dont elle est la vedette. En cela,l’annulation du Mondial du 2 roues est un coup dur qui entretient la sensation de marasme dans un domaine qui a besoin de passion, d’énergie, de dynamisme. Si la moto est parfois une nécessité, elle est d’abord un plaisir. Et le plaisir, ça se cultive, ça s’entretient, ça ne peut pas se satisfaire de simples rabais sur le tarif.Eric Maurice |
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31 août, 2009 à 11:45
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